L’insécurité est devenue ces derniers temps une source importante de psychose dans la ville de Ouagadougou. Il ne se passe pas une semaine sans que les forces de sécurité ne présentent médiatiquement aux populations les fruits de leur intense activité pour assurer leur sécurité. La psychose est plus réelle lorsqu’on en a été victime un jour soi-même. On se rend alors à l’évidence que la sécurité des biens et des personnes est la chose dont on a le plus besoin dans une ville comme Ouagadougou.
A côté des récits d’enquêtes et d’interpellations auxquels les forces de sécurité se livrent à merveille devant la presse, il y a toujours ce moment de calvaire de la victime, qui plutôt que de montrer l’ingéniosité des délinquants, présente plus l’état de psychose dans laquelle des citoyens se trouvent à chaque acte de délinquance. Et souvent, ces moments, plus terribles et insupportables, les uns que les autres, ne se laissent pas raconter aussi facilement et aussitôt. Personnellement, j’en ai mon petit souvenir qui ne se libère qu’un an après dans, ce récit d’une nuit d’enfer sortie enfin du silence.
Il y a environ un mois que cela faisait un an. Un an et depuis, rien, et à personne sauf à quelques amis les plus proches qui étaient d’une façon ou d’une autre concernés par ce drame et victimes collatérale. Jusque-là, la peur du souvenir de cette nuit dramatique du 02 au 03 août 2011 remontait mais finissait par me museler à chaque fois que je m’essayait à la raconter à quelques curieux qui ne me renverront qu’au destin, avec en prime, cette sorte de phrase consolatrice: « L’essentiel est que tu sois en vie. Le reste tu l’auras encore ».
Mais après tout, je leur donne raison. Je suis en vie et c’est le plus important. Les quelques minutes qu’à duré ce cambriolage, l’arme que j’imaginais tout ce temps braquée sur ma tête enroulée dans le drap du lit, j’attendais le coup de grâce. Des minutes pendant lesquels je pouvais moi-même écouter la cadence de ma respiration pendant que dans mon esprit se faufilait des prières dont je ne savais à quoi elles serviraient. Mais peut-être pour n’avoir pas résister, ils ont eu cette clémence de me laisser ce qu’il y a de plus important: ma vie.
Aujourd’hui, alors que je suis en vie, je peux enfin parler de ce drame.
Une nuit, pas comme les autres j’arrive à la maison. Je vivais là avec ma petite amie. Quelques jours plus tôt avant, elle était rentrée définitivement dans son pays. Cette nuit de début d’août, était la première fois que je revenais du centre de formation où je logeais depuis une dizaine de jours, pour dormir seul dans mini-villa perdue à la limite du quartier et d’un jardin, à proximité d’un lac. Une nuit seul, à penser à tout sauf à une visite désagréable. Tout sauf à ces trois voleurs qui ont décidé de me rendre une visite dramatique. Le bruit de la porte qu’ils cassaient à coup de barre me faisait pensait, dans mon sommeil profond enfin venu vers 02h du matin, à la pluie qui fait claquer à chaque fois une fenêtre impolie. Et le temps de me rendre compte du danger, il était là, devant moi dans la chambre.
Je ne me souviens plus exactement les mots échangés, mais revois le déclenchement de ma peur et du rythme de mon cœur qui bâtait en cadence.
Dans la pénombre, grâce à une lumière restée allumée dans le salon, je parvins à remarquer les armes aux mains de ces trois jeunes, peut-être pour les deux moins jeunes que moi. Mais fusil à la main, une barre de fer à une autre main et un gourdin à la main du troisième, impossible d’imaginer une défense par quelque moyen que ce soit. Et c’est le comble du mal que d’être impuissant devant une attaque de ce genre. Pour ne pas se faire dévisager, ils renversèrent mon matelas sur moi, après avoir enroulé ma tête dans mon drap qui m’étouffait et s’humidifiait des sueurs chaudes que je dégageais.
Je devais penser à ma vie, attendre les quelques six à dix minutes pour savoir si j’étais en vie. Et ce temps passé de calvaire passé, s’ouvrait une nouvelle période aussi terrible. Ne plus penser à mon ordinateur et à toutes ces données qu’il contenait. Dire adieux à ma camera, à mon argent de poche que j’avais été sommé de déclarer. Me détacher de tas de petits trucs utiles après ce ratissage qui rappel un déluge. Bref, penser à une nouvelle vie. Et en attendant, il fallait affronter la curiosité de l’entourage qui forçait pour savoir le scénario de ce drame.. Répondre aux questions du gendarme qui a reçu ma plainte. Tout cela, comme pour me le faire revivre à nouveau. Et tout début de récit, jusqu’à ce jour, n’avait jamais une fin. Je racontais à moitié et l’autre moitié restait en moi, meurtri de peur que j’étais alors.
A présent tout (ou presque)est dit et raconté. Pas à un enquêteur ni à un curieux. A moi-même pour me donner un soulagement, à mes lecteurs les soulager ceux d’entre eux qui ont souffert pareil un jour, à ceux qui ont en charge notre sécurité et ceux de nos biens pour leur rappeler que la sécurité est la chose dont la ville de Ouagadougou a le plus besoin actuellement.
Ceci est une histoire réelle que je revis en écrivant ces lignes, mais avec une pensée pour tous les amis et toutes les amies qui m’ont aidé à la surmonter.
Après cinq ans de durs labeurs en studio les AS DJ ( Karasko dj, Pata-pata dj, Dino et Oxy) qui n’est plus un groupe à présenter et la structure SEYDONI PRODUCTION à fait connaitre leur nouvel opus aux différents médias le vendredi 24 août.
Les As Dj en action lors de la présentation à la presse de leur nouvel album. Photo: Burkina24
Le nouvel album qui fera surement danser les Ouagalais les prochains jours est intitulé ‘’PHENIX’’, à l’image de cet oiseau qui ne meurt jamais, renaissant toujours de ces cendres. Après ACTE 1 en 2004, ACTE 2 2006 et le single AHOKO en 2008, ce 3ème album comporte 10 titres dont « Week end show » le titre phare. Il traite de plusieurs thématiques tels que la religion, le progrès du Faso et bien d’autres, aussi faut-il noter les rythmes qu’on y retrouve: du coupé décalé au zouglou, en passant par le warba. Ce chef-d’œuvre porte la touche de grands arrangeurs comme Yves de Bemboula, Issa le doigtier magique, Cyrille et Kevineson.
L’occasion a permit au groupe de faire la lumière sur certains points. Pata-pata Dj confirme que le groupe n’a jamais été disloqué. Le long silence dans lequel il s’était confiné est tout simplement dû à quelques soucis pour trouver un producteur.
Pour Monsieur Richard Seydou Traoré, Directeur fondateur de SEYDONI la sortie de cet album matérialise le projet de relance de SEYDONI Production après six ans d’absence due à des problèmes financiers. Ainsi donc SEYDONI entend relancer ses activités en produisant 42 artistes retenus sur 250. Les responsables de la structure ont fait ses choix tout en s’assurant que ses artistes peuvent se produire en live et faire promouvoir la musique burkinabé au plan international. Les AS Dj et SEYDONI Production invite les fans à se procurer l’album « Phénix », pour ainsi contribuer au développement de la culture burkinabé.
Pour sûr, on aura du bon son dans les boîtes de nuit de la ville pour une grande ambiance urbaine. En attendant, bon vent aux « AS »!